Newsletter

Consultez les projets d'artistes et proposez vos oeuvres

Inscrivez-vous


Mot de passe oublié ?

mjtutoriels.com

Votre publicté ici

Interview Thierry Sforza




PMC : Peux-tu nous décrire ton parcours, ta formation, tes influences ?


THIERRY SFORZA : C'est pour moi, un vrai conte de fée. J'ai tout d'abord écrit, après mes études de droit (J'ai un DEUG de droit et ai loupé la licence), trois livres de poésies dont deux qui ont connu le succès. Puis, quand je suis sorti de l'armée, j'ai dit à mes parents que je voulais écrire des chansons.

Affolé, mon père m'a dit : « je te donne un an pour gagner ta vie ». Bien évidemment, au bout de cette année, je n'avais toujours rien gagné et là, mon père m'a chassé de la maison. Je me suis retrouvé dans un minuscule studio et c'était ma grand-mère italienne qui venait, chaque semaine, me donner un peu d'argent pour survivre. C'était, pour moi, la bohême d'Aznavour.

Puis un jour, ma grand-mère (lisant pourtant très mal le français) arrive en me disant qu'elle avait "lu" dans « TELE 7 JOURS » que Chantal GALLIA cherchait un auteur. Surpris, je lui explique que je n'écris que des poèmes, voire des textes mais rien de comique.

Pendant plus d'un mois, elle m'a harcelé avec son envie de me voir envoyer au moins un sketch au magazine. J'ai donc repris les notes que je relevais lors de repas entre copains et qui me faisaient rire et j'ai envoyé mon bout de texte à TELE 7 JOURS pour Chantal GALLIA.

C'était à l'époque où une femme venait d'être nommée  Premier Ministre et j'ai écrit 10 /12 lignes sur Edith CRESSON. C'était vraiment « la bouteille à la mer ».

Un dimanche matin (jour de mon anniversaire de surcroît, ça ne s'invente pas), le téléphone sonne et c'était Chantal GALLIA. Elle m'a fait faire d'autres textes qui lui ont plu et quand elle m'a demandé d'écrire tout son spectacle, je me suis entendu lui dire "oui" ! J'étais au pied du mur. J'ai écrit, écrit...J'ai eu la chance que le metteur en scène soit Roger LOURET. C'est lui qui m'a appris à concevoir un spectacle. Le spectacle a bien marché (il a même fait un carton).

Lors de la Générale du deuxième spectacle de Chantal GALLIA, j'ai rencontré Claude FOURNIER (Producteur de Palmade, Bigard) qui a voulu que j'écrive les textes de Didier GUSTIN pour RMC. Là, je suis resté trois ans et j'ai vraiment appris mon métier d'auteur. A la radio, il faut faire vite et aller à l'essentiel. Je gagnais bien ma vie mais je ne faisais pas encore ce que je rêvais de faire : écrire des chansons.

Ensuite, je suis passé par EUROPE 1 avec Jean-Luc REICHMANN puis 7 ans dans le morning D'NRJ « LE FESTIVAL ROBLES) avec toutes les parodies qui m'éclataient ! Ensuite, c'est Pascal Brunner sur Europe 1 de nouveau qui m'a engagé dans son émission en me demandant de parodier une chanson pour Enrico Macias. J'écris un texte sur une chanson de Serge Lama, dans le but de « toucher » Enrico. Lors de l'émission, Brunner chante cette parodie avec les sanglots dans la voix. Enrico Macias arrive, en pleurs et demande à me voir rapidement.

Là, ça a été le démarrage de tout. Soudain, les gens du métier ne me voyaient plus comme parodiste pour imitateurs mais parolier pour chanteurs (mon rêve...)

J'ai écrit pour Fabienne Thibaut, Angun, Lorie, Julie Zenati, Patrick Bruel, Gilbert Montagné Patricia Kaas, Mélanie C. (Spice Girls), Lorie, Natasha St Pier...Etc... tout en continuant à écrire des textes télé pour P.Sébastien, M.Drucker, Laurent Boyer...Etc...J'étais de plus en plus parolier et de moins en moins parodiste. En quelques mois, je me retrouve enfin auteur : j'écris pour Gilbert Bécaud pour l'ouverture du nouvel Olympia et je rencontre mon idole : Pierre DELANOË, un des auteurs de Bécaud. Il m'a influencé comme personne. Plus tard des auteurs comme Bernie Taupin et surtout Jean-Loup DABADIE ont aussi contribué à m'influencer car le théâtre et la comédie musicale m'ont vite attiré. Pour le théâtre, j'ai écrit l'Ombre d'un Géant, (Comédie musicale Mogador 2005), Mon alter Hugo, mise en scène Jacques Weber nominée aux Molières 2006. Dracula au Trianon en 2007. Les enfants de l'Olympia en 2008 au Trianon.

PMC : Comment abordes-tu le travail de Co-écriture, as-tu des méthodes particulières ?

THIERRY SFORZA : je co-écris très rarement, car collaborer avec un autre auteur demande une même sensibilité qu'un même humour, et une même vision de l'écriture. En revanche, quand on trouve son ou ses alter-égo (j'ai eu la chance d'en rencontrer en sketches et en chansons), c'est génial, ça devient une vraie partie de ping pong, l'un lance une idée, l'autre la formule en mots, et c'est parti pour un sketch ou un texte de chanson.
 

PMC : Quels conseils donnerais-tu aux auteurs compositeurs qui souhaitent se faire connaître ?

THIERRY SFORZA : le premier conseil que je donnerai est de ne pas focaliser sur les maisons de disque et les éditeurs. Se diversifier en allant vers la télé, la radio, internet. On n'imagine pas les demandes qui peuvent exister dans ces différents domaines. Nombre de producteurs sont à la recherche de nouveaux talents. De plus ces exercices sont très formateurs. En termes d'écriture, ils permettent d'aller à l'essentiel et d'apprendre à travailler dans un minimum de temps avec un thème imposé.
 

PMC : Quelle est selon toi la bonne approche auprès des professionnels de la filière musicale ?

THIERRY SFORZA : C'est avant tout les démarches auprès des éditeurs (Majors et indépendants). Mais ce n'est pas la seule filière. Je conseille aux apprentis paroliers d'aller sur les plateaux télé, dans les émissions de radio en direct, sur les concerts, avec des textes sous les bras, et des... rêves plein la tête. Ca peut paraître insensé, mais il m'est arrivé de prendre de bons contacts auprès d'interprètes et de placer des textes ainsi en arrivant le bon jour au bon moment.
 

PMC : Quels sont selon toi les qualités essentielles pour évoluer dans le métier d'auteur ?

THIERRY SFORZA : La ténacité, l'opiniâtreté, et croire en soi. Quand tu viens de finir un texte, si tu n'es pas certain de la qualité de celui-ci, alors il faut le laisser dans son tiroir. En revanche, si tu es allé jusqu'au bout de ce que tu pouvais donner, alors fonce. Car si toi tu ne crois pas en ce que tu as écrit, personne ne le fera à ta place. Vivre c'est lutter, alors crois en ta chance et joue la jusqu'au bout. A force de patience et de persévérance, tout finit par arriver. On arrive toujours à réaliser ses rêves Et je parle par expérience !
 

PMC : Que penses-tu des outils de communication et des médias qui exposent la musique aujourd'hui ?

THIERRY SFORZA : Je pense que ces outils sont efficaces quand ils sont utilisés à bon escient. Internet et son buzz contribuent énormément à lancer les carrières des nouveaux artistes. Lorie à son époque en était l'exemple parfait. Face book, myspace font aussi beaucoup pour la promotion des artistes. Mais il faut savoir se différencier et être originaux, car il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. Il faut donc avant tout trouver l'angle qui permettra de se détacher. Sans oublier qu'il faut impérativement préserver le droit d'auteur. La loi Adopi va dans ce sens, mais malheureusement elle ne règle rien.
 

PMC : En parlant de mutation, des usages de la filière musicale, que penses-tu des nouveaux modèles économiques, du type my major compagny, AKA Music... ?

THIERRY SFORZA : Je pense bien évidemment que c'est une excellente chose, cela permet aux jeunes artistes qui ne sont pas encore signés et qui n'ont pas les moyens, de sortir leur premier album. Cela permet aussi  d'accroître le nombre des maisons de disque, et on en a bien besoin...

Cependant, il faut rester très prudent et se soucier avant tout du respect des artistes, du droit moral, et de l'honnêteté de certaines major virtuelles.
 

PMC : Aujourd'hui, tu as décidé de t'impliquer dans la démarche de Pitch Music Center, de participer à des ateliers d'écriture de chansons, à des stages collectifs et individuels, qu'est-ce qui motive ces implications et ces initiatives ?

THIERRY SFORZA : Je trouve la démarche vraiment formidable. Donner la possibilité à de jeunes auteurs compositeurs interprètes de pouvoir figurer sur un CD de présentation qui sera démarché auprès de la majorité des éditeurs, est une vraie chance pour eux. Ces artistes n'ont pour la plupart aucun contact avec le monde de la musique  et PMC leur ouvre des portes plus rapidement qu'ils ne l'auraient fait seuls. Quant aux ateliers de chansons et aux stages collectifs, c'est que du bonheur ! Transmettre ce que tu connais et fais, est tout simplement un plaisir, le plaisir de donner. Faire profiter de ton expérience, offrir mille et uns trucs que tu ne soupçonnais même pas est génial. Car c'est en expliquant ta méthodologie que tout devient plus clair pour les autres, mais pour toi aussi !
 

PMC : Quels sont tes projets pour 2010 et au-delà ?
 
THIERRY SFORZA : Avec Vito Luprano, producteur Exécutif de Céline Dion et Franco Dragone producteur Du Cirque du Soleil, j'ai coécrit le livret et écrit les textes, De « DIEZE », un spectacle qui se produira en décembre, 2010 à  Montréal puis en Octobre 2011 à Paris. Le
producteur exécutif sera Gilbert Coullier. Je finis aussi l'adaptation de « PRETTY WOMMAN » en comédie musicale avec Romano MUSUMARA à la composition et Eric Ghenassia à la production. Je peaufine enfin la première comédie musicale pour ados. Cela s'appelle « KIDS OF LOVE" dont le producteur est Pierre Sissmann. Il y aura aussi plusieurs chansons sur les albums de mes amis de toujours...